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Le dholl puri, le plat national de l'île Maurice

Le dholl puri, le plat national de l'île Maurice

La galette de pois cassés vendue à tous les coins de rue : la recette complète, les ratés à éviter, les garnitures et les meilleurs stands de l'île.

1 h 15
Préparation + cuisson
8
Galettes, pour 4 personnes
≈ 30 Rs
La paire, dans la rue
Facile
Sauf le pliage

Le dholl puri est une galette de farine fourrée à la purée de pois cassés jaunes, cuite sur une plaque ronde et garnie de cari gros pois, de rougail tomate et d'achards. C'est le plat de rue le plus vendu de l'île Maurice, vendu 30 roupies la paire à peu près partout. Voici comment le faire chez vous, et pourquoi il rate si souvent.

La recette du dholl puri pas à pas

Pour 8 galettes, soit quatre personnes, comptez 40 minutes de préparation et environ 35 minutes de cuisson, hors trempage des pois la veille. Aucune étape n'est difficile. En revanche, deux d'entre elles décident du résultat : le séchage de la farce, et la façon de farcir la boule.

La farce de dholl, à préparer en premier

Pois cassés jaunes cuits au curcuma et aux épices, base de la farce du dholl puri mauricien

Les ingrédients

Les quantités s'ajustent toutes seules

4 personnes
  • 200 g de pois cassés jaunes, trempés une nuit (≈ 200 g)
  • 1 c. à c. de curcuma
  • 1 c. à c. de graines de cumin
  • 1 pincée de sel

Les pois cassés trempent une nuit entière, puis cuisent 25 à 30 minutes dans de l'eau salée avec le curcuma. Ils doivent s'écraser entre deux doigts tout en gardant leur forme. Égouttez-les à fond, laissez-les sécher vingt minutes, puis broyez-les à sec avec le cumin grillé. Le résultat visé est une semoule fine. Une farce humide se transforme en pâte collante et déchire les galettes au rouleau, c'est le raté numéro un.

La pâte

Les ingrédients

Les quantités s'ajustent toutes seules

4 personnes
  • 300 g de farine de blé blanche (≈ 300 g)
  • 1 c. à c. de curcuma
  • 1 c. à c. de sel
  • 2 c. à s. d'huile neutre
  • 180 ml d'eau tiède, à ajuster

Mélangez la farine, le curcuma (qui donne sa couleur jaune à la galette), le sel et l'huile, puis versez l'eau tiède par petites quantités. Arrêtez dès que la pâte se décolle du bol, même s'il reste de l'eau. Un repos de 30 minutes sous un linge la rend souple et facile à étaler.

Le pliage et la cuisson sur la plaque

Galette fine en cuisson sur une grande plaque ronde en fonte, la méthode du dholl puri mauricien
  1. Farcissez les boules. Divisez la pâte en huit boules. Creusez chacune en coupelle avec le pouce, déposez une bonne cuillère de farce au centre, refermez la pâte par-dessus et pincez la soudure. L'épaisseur doit rester régulière tout autour, sans zone mince.
  2. Aplatissez à la main avant le rouleau. Ce geste pousse la farce vers les bords et évite qu'elle reste en tas au centre. Étalez ensuite au rouleau sur un plan fariné jusqu'à un disque fin, d'environ 20 centimètres.
  3. Cuisez sur plaque brûlante. 40 secondes par face, sans matière grasse, sur une plaque en fonte ou une grande poêle déjà très chaude. La galette se couvre de petites taches dorées. Au-delà, elle sèche et durcira en refroidissant.
  4. Huilez et empilez. Un filet d'huile à la sortie, puis les galettes s'empilent sous un torchon. Elles restent souples le temps de cuire les suivantes.

Le geste qui change tout

Sur les stands mauriciens, le vendeur ne farcit pas la pâte : il incorpore la farce sèche dans une boule creusée, puis roule d'un seul mouvement continu du centre vers l'extérieur, en tournant la galette d'un quart de tour à chaque passage. C'est ce quart de tour qui donne un disque rond et une épaisseur égale.

Les erreurs qui ratent la galette

Six ratés reviennent systématiquement, et chacun a une cause précise. Cliquez sur le symptôme qui correspond au vôtre.

La purée de pois cassés est trop humide, ou la boule de pâte est trop fine par rapport à la quantité de farce.

Laissez la purée refroidir et sécher à l'air avant de farcir, et gardez une épaisseur de pâte régulière tout autour de la boule, sans zone mince.

Le cari gros pois et les autres garnitures

Une galette nue ne vaut rien. Le cari gros pois est la garniture obligatoire : des haricots du Cap (les gros pois mauriciens) mijotés une heure avec du curcuma, du thym, de l'ail et de la tomate, jusqu'à une consistance épaisse qui tient dans la galette sans couler. Les autres garnitures se combinent au goût du vendeur.

La garnitureCe que c'estSon rôle
Cari gros poisHaricots du Cap mijotés au curcuma, thym et tomateLa garniture principale, celle qu'on ne saute pas
Rougail tomateTomate, oignon et piment pilés crusApporte l'acidité et le frais contre la farce
Achard de légumesCarotte, chou et haricot marinés au curcuma et à la moutardeLe croquant, en petite quantité
Chutney cocoCoco râpée pilée avec coriandre, piment et tamarinAdoucit l'ensemble, très présent au Nord
Sauce pimentPiment écrasé au sel, parfois à l'huileÀ demander à part : celle des stands est redoutable

L'assemblage suit toujours le même ordre : deux galettes posées l'une sur l'autre, le cari en premier, le rougail ensuite, l'achard par-dessus, le piment en dernier. Le rougail qu'on met ici est la version crue et pilée, pas le plat mijoté. Puis on roule, on emballe dans du papier, et ça se mange debout.

Ce qu'est le dholl puri, exactement

Le nom se lit en deux morceaux. Dholl désigne les pois cassés en hindi et en créole mauricien, puri la galette de farine. Un dholl puri est donc, littéralement, une galette aux pois cassés. On l'écrit aussi dhal puri ou dal puri selon les sources, et les Mauriciens disent parfois simplement « un dholl ».

La confusion la plus fréquente concerne le farata, que les visiteurs appellent roti. Les deux se vendent au même stand, souvent par la même personne, et se ressemblent de loin.

  • Le dholl puri : fourré. La farce de pois cassés est enfermée dans la pâte avant d'être étalée, donc elle fait partie de la galette. Jaune, souple, légèrement granuleuse sous la dent.
  • Le farata : nature. Une pâte simple, feuilletée par pliages successifs et badigeonnée d'huile, qu'on trempe dans un cari. Plus blanche, plus élastique, un peu moins chère.

D'où vient le dholl puri

Le plat descend directement du dal puri indien, apporté par les travailleurs engagés arrivés du Bihar et de l'Uttar Pradesh à partir de 1834, quand Maurice a remplacé la main-d'œuvre esclave par des contrats venus d'Inde. En Inde du Nord, le dal puri est un pain de fête, frit et réservé aux occasions.

À Maurice, il a changé de statut et de technique. La galette y est cuite à sec sur une plaque plutôt que frite, elle est devenue plus fine, et surtout elle est passée du repas de fête au repas quotidien. Les ouvriers des champs de canne l'emportaient parce qu'elle se transporte enroulée, se mange froide et cale pour la journée. C'est cette contrainte pratique qui a fait sa forme actuelle.

Le reste s'est joué dans la rue. Vendu quelques roupies, végétarien par défaut donc compatible avec les interdits alimentaires hindous et musulmans, il est l'un des rares plats que toutes les communautés de l'île achètent au même comptoir. Beaucoup de Mauriciens le citent en premier quand on leur demande le plat national, même s'il n'a aucun statut officiel. On retrouve le même mélange d'influences dans le reste de la cuisine mauricienne comme dans les langues parlées sur l'île.

Où en manger à Maurice, et à quel prix

Comptez 25 à 40 roupies la paire (0,50 à 0,80 euro), garnitures comprises. Les camionnettes des zones touristiques montent parfois à 50 roupies, ce qui reste dérisoire. La règle de sélection tient en une phrase : allez là où il y a la file d'attente à midi. Un stand qui tourne vite sert des galettes cuites dans l'heure, un stand vide vend du stock de la veille.

  • Le marché central de Port-Louis : l'étage food court et les rues alentour concentrent les vendeurs les plus connus de l'île. C'est le point de départ évident, et on y goûte aussi les boulettes et l'alouda.
  • Rose-Hill : les abords de la gare et l'Arab Town alignent des stands fréquentés par les habitants du centre de l'île. Moins touristique, souvent meilleur, et le débit y est élevé toute la journée.
  • Les camionnettes de bord de route : garées près des écoles, des bureaux et des zones industrielles aux heures de sortie. Ce sont elles qui servent le plus frais, puisqu'elles écoulent tout leur stock en une heure.
  • Les marchés de Mahébourg et de Flacq : le lundi pour le premier, le mercredi et le dimanche pour le second. Des stands de cuisson sur place, et l'occasion de voir le geste du rouleau de près.
Port-Louis : visite guidée sur le thème de la street food

4,8(546)

Goûter le dholl puri avec quelqu'un qui connaît les stands

Trouver le bon stand quand on ne parle pas créole prend du temps. Cette visite guidée du centre de Port-Louis passe par le marché central et enchaîne sept dégustations, dholl puri compris, avec un guide francophone.

Port-Louis : visite guidée sur le thème de la street food

3 h · Caudan Waterfront, Port-Louis · Petit groupe

  • Sept dégustations dans la rue
  • Marché central et quartiers du centre
  • Guide local francophone

À partir de 50 €par personne

Voir la visite street food

Prix mis à jour depuis GetYourGuide. Lien partenaire : cela ne change rien à votre prix.

À retenir

Une galette de farine fourrée aux pois cassés, héritée du dal puri indien et devenue le plat de rue de toute l'île. La réussite tient à une farce sèche et à une cuisson courte. Sur place, comptez 30 roupies la paire et suivez la file d'attente. Pour le reste de la table mauricienne, voyez notre guide de la cuisine locale →

Questions fréquentes sur le dholl puri

La suite du guide

Le reste se mange sur place

Le dholl puri coûte 30 roupies. Le cari, le mine frit et les gâteaux piments se vendent au même stand, et se préparent aussi bien chez soi.