La religion à l'île Maurice se répartit entre quatre grandes traditions sur un territoire de 1 865 km². L'hindouisme domine avec 47,9 % de la population, devant le christianisme (32,3 %) et l'islam (18,2 %), les cultes chinois fermant la marche. Aucune de ces religions n'est née sur l'île : toutes sont arrivées par bateau, avec les vagues de peuplement qui ont fabriqué la population mauricienne.
Quelles religions à l'île Maurice ?
Maurice était totalement inhabitée avant le XVIIe siècle. Il n'y a donc ni religion autochtone ni culte antérieur à la colonisation : chaque confession présente aujourd'hui a une date d'arrivée identifiable et un bateau derrière elle.
L'hindouisme
47,9 %À partir de 1834, avec l'engagisme
Apporté par les travailleurs engagés venus d'Inde après l'abolition de l'esclavage. Il n'a rien d'uniforme : hindous du nord, Tamouls, Télougous et Marathes ont leurs temples, leurs langues rituelles et leurs fêtes propres. Maurice affiche la plus forte proportion d'hindous d'Afrique et la troisième au monde.
Le christianisme
32,3 %Français dès 1715, puis britanniques
Très majoritairement catholique. Une loi de 1723 imposait le baptême de tout esclave débarquant sur l'île, ce qui explique l'ancrage catholique de la population créole. Les Britanniques ont tenté d'implanter le protestantisme dans les années 1840, avec un résultat limité : anglicans et presbytériens restent minoritaires.
L'islam
18,2 %XIXe siècle, sous-continent indien
Essentiellement sunnite, arrivé par plusieurs canaux distincts. Les Memons et les Surtees venaient du Gujarat comme commerçants, les Calcuttiyas du Bihar comme engagés. Cette double origine, marchande et ouvrière, se lit encore dans la géographie des quartiers de Port-Louis.
Le bouddhisme et les cultes chinois
moins de 1 %XIXe siècle, sud de la Chine
La communauté sino-mauricienne mêle bouddhisme, taoïsme et culte des ancêtres, et une part notable s'est convertie au catholicisme. Peu nombreuse, elle pèse pourtant sur le calendrier national : le Nouvel An chinois est férié pour tout le pays.
La répartition religieuse en chiffres
Les proportions ci-dessous sortent du recensement de 2022, le dernier en date. Elles sont stables depuis plusieurs décennies : les grands équilibres bougent lentement, portés par la démographie plutôt que par les conversions.
Attention aux chiffres que vous lirez ailleurs
Beaucoup de fiches pays et d'articles de presse s'appuient encore sur le recensement de 2011, voire sur des estimations plus anciennes. On voit ainsi circuler 26,3 % de catholiques ou 17,3 % de musulmans, des valeurs périmées. Les chiffres de cette page viennent du recensement de 2022 publié par Statistics Mauritius.
Un point mérite d'être souligné : Maurice est le seul pays d'Afrique où l'hindouisme est majoritaire, et le troisième au monde par la proportion d'hindous après le Népal et l'Inde. Cette singularité tient entièrement à l'engagisme, ce système de travail sous contrat qui a amené des centaines de milliers d'Indiens sur l'île après 1834. Attention toutefois : la religion et l'origine communautaire ne se recouvrent pas exactement. Une partie des Sino-Mauriciens est catholique, et des Indo-Mauriciens sont musulmans plutôt qu'hindous.
Où voir les lieux de culte

C'est le détail qui frappe les visiteurs : dans une même rue de Port-Louis, on croise une mosquée, une pagode et une église à quelques centaines de mètres. Les cinq sites ci-dessous donnent une bonne vue d'ensemble.
Grand Bassin (Ganga Talao)
HindouismeSavanne, sur les hauts plateaux du sud
Un lac de cratère considéré comme relié au Gange, le site le plus sacré de l'hindouisme mauricien. La statue de Mangal Mahadev, un Shiva de 33 mètres, se voit depuis la route bien avant d'arriver.
Visiter Grand Bassin →La mosquée Jummah
IslamPort-Louis, en plein centre
Bâtie dans les années 1850, elle mêle architecture indienne, créole et mauresque derrière une façade blanche discrète. Coincée entre les boutiques du centre-ville, à deux pas de Chinatown.
Découvrir Port-Louis →La cathédrale Saint-Louis
ChristianismePort-Louis
Siège du diocèse catholique, reconstruite plusieurs fois après les cyclones. Le tombeau du Père Laval, à Sainte-Croix dans la banlieue nord, attire en réalité bien plus de monde qu'elle.
Découvrir Port-Louis →Les kovils tamouls
HindouismePartout, surtout dans le nord et l'est
Reconnaissables à leur gopuram, cette tour d'entrée couverte de divinités peintes en couleurs vives. Le Kaylasson de Sainte-Croix et les temples de Triolet comptent parmi les plus photographiés.
Situer les régions →La pagode Kwan Tee
Cultes chinoisLes Salines, à l'entrée de Port-Louis
La plus ancienne pagode chinoise de l'hémisphère sud, élevée en 1842. Elle ouvre directement sur la rue, dans une odeur d'encens permanente, et rappelle que la communauté sino-mauricienne est installée ici depuis presque deux siècles.
Découvrir Port-Louis →Comment se comporter en visite
- Chaussures retirées à l'entrée des temples, mosquées et pagodes.
- Épaules et genoux couverts, y compris quand il fait 32 °C.
- Photos discrètes, jamais sur les personnes en prière sans leur accord.
- Pendant un office ou une procession, on regarde depuis le bord. Personne ne vous demandera de partir, mais la place au centre n'est pas la vôtre.

4,8(462)
Visiter les sites religieux accompagné
Chamarel, terre des 7 couleurs et cascades : circuit dans le Sud-Ouest
9 h · Sud-ouest, départ hôtel · Transfert inclus
- Grand Bassin et le temple hindou
- Terre des 7 couleurs et cascade de Chamarel
- Trou aux Cerfs et gorges de Rivière Noire
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Les grandes fêtes religieuses
Voilà où la cohabitation mauricienne cesse d'être une formule. Sur les quinze jours fériés annuels, huit sont des fêtes religieuses, et elles sont fériées pour l'ensemble du pays. Un catholique ne travaille pas le jour de Maha Shivaratree, un hindou ne travaille pas à Noël.
Filtrez par confession pour voir ce qui se passe et quand. Les fêtes suivant des calendriers lunaires, leur date se décale chaque année.
Les fêtes hindoues, musulmanes et chinoises suivent des calendriers lunaires : leur date change chaque année. Vérifiez le calendrier officiel des jours fériés avant de réserver.
Deux rendez-vous méritent d'organiser un séjour autour d'eux. Maha Shivaratree rassemble des dizaines de milliers de pèlerins en blanc vers Grand Bassin, ce qui en fait le plus grand rassemblement hindou hors d'Inde. Thaipoosam Cavadee offre les processions les plus spectaculaires de l'île. Dans les deux cas, prévoyez des routes chargées et des hébergements pleins. Notre page quand partir à l'île Maurice croise ces dates avec la météo et les tarifs.
Une cohabitation qui fonctionne
Maurice sert régulièrement d'exemple de coexistence religieuse, et le constat tient. Il repose sur trois mécanismes précis plutôt que sur une bonne volonté générale.
Le premier est juridique. La Constitution interdit toute discrimination fondée sur la religion et garantit la liberté de pratiquer son culte ou d'en changer. Le second est budgétaire : l'État subventionne les organisations catholique, anglicane, presbytérienne, adventiste, hindoue et musulmane, au prorata de leur poids dans le recensement, et leur accorde une exonération fiscale. Le financement suit donc la démographie, ce qui retire beaucoup d'oxygène aux disputes de préséance.
Le troisième est quotidien, et c'est le plus efficace. Les plateaux de gâteaux circulent entre voisins à Divali comme à l'Eid. Les stands installés le long des routes pendant Maha Shivaratree servent à boire et à manger gratuitement à qui passe, sans demander sa religion. Le pèlerinage du Père Laval attire des hindous et des musulmans venus formuler un vœu. Cette porosité se retrouve dans la cuisine mauricienne, où les recettes indiennes, créoles et chinoises ont fini par se mélanger dans les mêmes assiettes.
Reste que l'île a connu des tensions communautaires. Des affrontements ont éclaté à l'approche de l'indépendance en 1968, et les émeutes de 1999, déclenchées par la mort en détention du chanteur Kaya, ont fait plusieurs morts. Ces épisodes sont réels et personne ne les efface. Rien de comparable ne s'est reproduit depuis, mais l'équilibre mauricien se comprend mieux comme un travail permanent que comme un état naturel.
À retenir
Quatre religions arrivées par bateau entre 1715 et le XIXe siècle, aucune née sur place. 47,9 % d'hindous, 32,3 % de chrétiens, 18,2 % de musulmans au recensement de 2022. Le liant tient dans un détail de calendrier : huit fêtes religieuses fériées pour tout le monde, quelle que soit la confession de chacun. Pour voir où se trouvent les sites cités, ouvrez la carte de l'île Maurice →
Questions fréquentes sur la religion à Maurice
L'hindouisme, avec 47,9 % de la population au recensement de 2022. Viennent ensuite le christianisme (32,3 %, catholique en très large majorité) et l'islam (18,2 %). Maurice est le seul pays d'Afrique à majorité hindoue, et le troisième au monde par la proportion d'hindous, derrière le Népal et l'Inde.
Oui, et la mécanique est concrète plutôt que déclarative. La Constitution interdit toute discrimination fondée sur la religion et garantit la liberté de culte. Surtout, les fêtes des quatre confessions sont fériées pour tout le monde : un catholique chôme le jour de Maha Shivaratree, un hindou le jour de Noël. L'État subventionne aussi les organisations religieuses au prorata de leur poids démographique.
18,2 % de la population selon le recensement de 2022, soit environ 226 000 personnes. La communauté est majoritairement sunnite. Elle descend de deux vagues distinctes : des commerçants gujaratis, Memons et Surtees, et des travailleurs engagés venus du Bihar, appelés Calcuttiyas.
Oui, un tiers de la population. Le catholicisme domine largement, héritage de la période française : à partir de 1723, une loi imposait le baptême de tout esclave arrivant sur l'île. Les protestants, anglicans et presbytériens introduits sous la domination britannique restent très minoritaires. Le pape François s'est rendu à Maurice en septembre 2019.
Huit fêtes religieuses sont fériées : Thaipoosam Cavadee, Maha Shivaratree, Ugadi, Ganesh Chaturthi et Divali pour l'hindouisme, Eid-ul-Fitr pour l'islam, Noël plus l'Assomption ou la Toussaint pour le christianisme, et le Nouvel An chinois. La plupart suivent des calendriers lunaires, donc leurs dates changent chaque année.
Oui, la plupart des lieux de culte accueillent les visiteurs. Les règles habituelles s'appliquent : chaussures retirées à l'entrée, épaules et genoux couverts, silence pendant les offices, et discrétion avec l'appareil photo, en particulier sur les personnes en prière. À Grand Bassin, le port de tenues correctes est demandé, y compris pour un simple passage touristique.







